mercredi 1 juin 2016

Franck THILLIEZ - Rêver

Si ce n'étaient ses cicatrices et et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d'Abigaël qu'elle est une femme comme les autres.
Si ce n'étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu'Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu'on s'arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère que la coupe du monde plusieurs fois par jour et l'emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l'un de l'autre, elle n'a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l'accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par que miracle a t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à l'exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l'enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.  


                                                         Couverture Rêver


Sitôt en librairie, sitôt dans ma bibliothèque sans passer par la case PAL. En tant que fan de Franck THILLIEZ qui se respecte, j'ai tout abandonné pour sauter pour cette nouvelle histoire.

Une enquête sur fond d'histoire de famille, de maladie et de vengeance qui traite à merveille du deuil et de la douleur, autant mentale que physique.

La plume de l'auteur est toujours aussi envoûtante, j'ai été happée par ce livre dès les premières lignes du prologue et suis restée scotchée jusqu'aux révélations finales. Révélations qui sont toujours aussi choquantes, malgré un manque de surprise sur certains points, c'est la première fois que j'ai quelques idées sur le dénouement de l'histoire (qui se révèlent vraies parce que, bien entendu je me fais toujours des plans en lisant un THILLIEZ mais il a le don de nous laisser imaginer des choses pour tout détruire à la fin, du véritable génie). Mais j'ai bien dit "quelques idées", une grande partie du final m'a quand même laissée sur le derrière.

La construction de ce livre est assez particulière puisqu'elle ne suit pas l'ordre chronologique. A chaque début de chapitre, on retrouve une frise qui nous indique la date avec deux points de repère : au début "l'accident" qui a coûté la vie aux proches d'Abigaël et à la fin "le lavoir en flammes" qui marque le début des révélations.
C'est assez déstabilisant au premier abord mais ce désordre temporel sert parfaitement l'histoire et on s'y habitue après quelques chapitres.

Le personnage d'Abigaêl est attachant, psychologue criminelle qui va perdre à la fois son père, sa fille et tous ses repères. Au fur et à mesure de l'histoire, elle perd pied et ne distingue plus le rêve de la réalité, de même que le lecteur.
La narcolepsie et les rêves imbriqués sont très bien traités et nous font douter de tout, en particulier d'Abi et des choses que la douleur peut lui faire faire.
Freddy, le criminel poursuivi tout au long du roman et qui semble avoir un lien particulier avec Abigaël a également une histoire à raconter. Tordu à souhait, il saura se cacher de la police tout en étant là.
Quant au père d'Abigaël, qui est-il vraiment ? Ancien douanier en retraite qui ne parle pas vraiment, comment a t'il pu causer cet accident qui fera tout perdre à sa fille ?
Et pour finir, Frédéric, collègue d'Abigaël et ami de son père, principal enquêteur sur l'affaire Freddy et l'épaule que laquelle la jeune femme pourra se reposer.
Les histoires de tous les personnages forment une toile qui tourne autour d'Abi, avec des tours, des détours et de nombreuses surprises.
Alors qui cache le plus gros secret ? Dans les romans de Franck THILLIEZ, on ne peut se fier à personne...

En bref, ce thriller a su me tenir en haleine de par ses révélations amenées par petites touches au fur et à mesure des pages mais dont on ne peut être vraiment être sûr de la véracité avant la dernière phrase.


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